TRAVAUX
Une bestiale anthropophagie chez Patrice Alexandre
Ses œuvres sont nées de la terre, pétrie, malaxée, étirée en lambeaux… Expressives voire expressionnistes, elles font davantage état de la condition humaine qu’elles ne renvoient à notre Histoire. Patrice Alexandre dissèque la nature profonde de l’homme, ancrée dans ses organes, à un stade animal, incarné-désincarné. Il met la chair à vif. Ses sculptures mnémomiques, malgré leur effroyable contemporanéité, et leur disparité d’échelles (« Hommage à Saint-John Perse » au Jardin des Plantes à Paris, « Monument aux victimes de la Gestapo » à Reims…), ont le poids et la puissance d’un monument.
Passé et Présent se révèlent l’un l’autre, crûment. La nature humaine se retourne contre elle-même, retrouve son état animal, sacrifie et se sacrifie, empale et s’empale, s’entraîne irrémédiablement dans une abominable anthropophagie. Guerres, maladies, charniers, carnages etc., autant d’abominations qui transparaissent dans son bestiaire.
Catherine Bazin-fontana (extrait)
Patrice Alexandre
Artiste Plasticien
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