TRAVAUX

Une approche de l'art celtique (1995-1996)

Par la série des fibules, on se situe dans le domaine du quotidien, de l’utilitaire, c’est-à-dire le monde des objets qui nous entourent et que l’on finit par ne plus voir. Elles sont en général de petite taille, de trois à huit centimètres au maximum. Leur forme évolue selon les époques et les modes. Elles ont été fabriquées soit en fer, soit en bronze. C’est plus précisément sur ces dernières que Patrice Alexandre porte son regard pour les recréer ou les transposer sous des aspects relevant du mimétisme ou de la métamorphose. Les fibules sont, dans la plupart des cas, des objets filiformes non décorés. Mais certaines sont si grêles que l’on s’interroge sur leur véritable fonction. Pour d’autres, les artisans bronziers ou forgerons ont apporté un tel soin à leur réalisation que leur signification dépasse l’utilitaire pour entrer dans le domaine du divin. C’est le cas pour la série des fibules dites "à masque" où la représentation systématique de même signes ou symboles ne peut traduire que des épisodes de la mythologie, d’une divinité qui n’est jamais directement nommée. On peut alors souligner le parallélisme des conceptions de l’art. Dans l’antiquité, c’est celle de la perception de l’objet par l’initié. Aujourd’hui c’est le rapport qui s’établit, par la création, entre le message du plasticien et l’émotion ressentie par le public. Mais à chaque époque correspondent des notions d’échelle. En ce qui concerne l’art celtique, elles sont de l’ordre de l’intime du fait de la dimension réduite des objets. Dans le présent, une image de cette taille ne serait plus perçue. Si l’expression est bien différente selon les époques, la démarche de l’observateur est bien similaire dans les deux cas, même si elle nécessite, de nos jours, un regard circulaire sur l’œuvre.

Jean-Jacques Charpy, 1995

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